share on:

Bobby Bergeron, coordonnateur marketing pour le groupe Gamache, baigne dans l’industrie du camion depuis qu’il a 14 ans.

Nostalgique de ses belles années passées à travailler dans le Nord, il a bien voulu piquer un brin de jasette avec nous! Voici un compte-rendu de notre incursion dans l’univers des camions lourds et des souvenirs de Bobby, un vétéran de la conduite hors route.

L’industrie du camion n’a plus de secret pour toi… Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir camionneur?

Je crois que, comme tous les petits gars, je rêvais en voyant les gros camions. Et j’ai eu la chance de les côtoyer bien jeune. Quand j’avais 11 ans, le chum de ma mère travaillait avec de l’équipement lourd dans le bois. Les enfants jouaient avec des Tonka, mais moi je les voyais en vrai et j’embarquais dedans! J’ai grandi en voyant les camions venir chercher du bois. Ça pas été long que je les conduisais et que je travaillais là-dedans! Je conduisais hors route pour transporter le bois en forêt.

AHDD7T Painet jl7286 logging truck winter road 5 hauling logs wide load snow scene rural saskatchewan canada industries travel  Bobby CHARGEMENT STANDARD 1

 Quand tu commences si jeune, comment ça se passe avec les autres camionneurs?

T’es un peu comme la mascotte. Les camionneurs trouvaient ça drôle. Au début, tu fais pas mal de petites jobines, l’entretien et la petite mécanique comme les changements d’huile. T’as pas le choix d’apprendre sur le tas, puis, tranquillement, t’as plus de responsabilités. Je charriais de la gravelle et, à 18 ans, j’ai commencé sur la route.

Quel est le plus gros défi d’un camionneur?

Ça dépend du secteur dans lequel tu travailles. Le transport d’aliments en Californie par exemple, c’était moins mon genre. Dans mon secteur, les chemins forestiers n’ont rien à voir avec les routes d’asphalte et sont beaucoup plus difficiles. Le plus gros défi, c’est la condition difficile des routes pour le transport du bois en longueur. Des chemins où il n’y a pas d’accotement, des fossés de chaque côté. Fallait même faire des bouts de route avec une espèce de mélange de boue et de marécage qu’on tapait. On attendait que ça gèle et ça devenait de la glace, super glissant. C’est un peu comme faire du motocross avec de l’équipement lourd! Les conditions extrêmes aussi sont un gros défi. Une fois, sur le chemin de la Baie James, le truck a cassé parce que ça faisait deux nuits en ligne qu’il faisait -55 degrés Celsius. C’est dur sur la mécanique! Il faut sortir sa débrouillardise!

CHARGEMENT HORS-ROUTE (2) (1)  Bobby CHARGEMENT HORS ROUTE 2 1C’est quoi ton plus beau souvenir à ce jour?

C’est plein de petits moments qui flattent notre égo. Par exemple, y’avait environ 40 camions qui vidaient un secteur de 2 pelles. Un groupe était supposé être à une pelle et l’autre moitié à la pelle 4-73. Et bien finalement, sur 80 chauffeurs, on est seulement 5 chauffeurs qui ont été capables de monter à la pelle 4-73. Il faut être habitué parce que faire du transport hors route c’est 3 fois le poids d’un camion normal, faut être capable de faire du dérapage contrôlé.

Un point positif à être camionneur?

Les rencontres que tu fais et aussi tous les paysages, autant dans l’Ouest canadien que les Maritimes ou dans le Sud.

Un point négatif?

Les horaires! Tu peux être parti pendant longtemps alors la famille prend le bord… Ça peut être dur pour le moral, il faut être fait pour faire ça. Avec le transport hors route, t’es parti moins longtemps, mais t’as des réparations à faire sur ton truck donc t’es souvent dans ton garage. C’est un style de vie difficile pour une famille.

As-tu des conseils à donner à ceux qui commencent?

Moi, j’étais camionneur dans des conditions forestières plus difficiles, un secteur où il faut prendre sa place et surtout faire ses preuves. Mettons qu’on est loin des films avec la belle musique country. Il faut avoir les nerfs solides et y aller selon les conditions. Dans un milieu dur comme dans le bois, il faut être conscient de sa responsabilité par rapport aux autres et leur sécurité. Il n’y a pas d’essais-erreurs donc il faut bien connaître ses calls et les routes. Il faut être débrouillard, préparé et être capable d’apprendre sur le tas, comme faire de la mécanique à — 35. Les conditions hors route souvent, t’as pas le choix! C’est important d’être curieux et de ne pas avoir peur de poser des questions.

CHARGEMENT HORS-ROUTE (1)  Bobby CHARGEMENT HORS ROUTE 1

Maintenant chez Gamache, les défis sont différents et Bobby s’y plaît très bien. L’adrénaline qu’il a vécue sur les routes forestières fait partie intégrante de sa personne et de sa vie. Rien ne peut remplacer une présence sur le terrain et les grandes émotions qu’ont y vit!

 

Merci Bobby!

Petit apperçu de la conduite hors route : www.youtube.com

Leave a Response